Au Québec, la plupart des glissements de terrain se produisent dans les dépôts argileux, surtout dans la vallée du Saint-Laurent. Un talus en bordure d’une rivière, un terrain en pente derrière une maison ou le remblai d’une route peuvent céder après de fortes pluies, une crue ou des travaux mal placés. Bien souvent, le terrain donne des signes avant-coureurs.
Les signes à surveiller
Le gouvernement du Québec recommande de signaler à votre municipalité :
- une fissure dans un terrain en pente ;
- un renflement dans une pente ;
- un petit éboulement ou un petit glissement ;
- un écoulement d’eau inhabituel dans un talus.
Le ministère des Transports cite aussi la fissure en forme d’arc et le bourrelet de sol à la base du talus.
Un mur de soutènement qui penche, se fissure ou se déplace mérite aussi l’avis d’un spécialiste.
Que faire après un glissement de terrain
- Éloignez-vous de la zone et restez à distance jusqu’à l’avis des autorités. En cas de danger immédiat, composez le 9-1-1.
- Avisez votre municipalité, puis votre assureur et votre prêteur hypothécaire.
- Documentez les dommages : photos du talus, des fissures et des bâtiments, avec la date.
- Faites évaluer la situation par un ingénieur en géotechnique. Il diagnostique le glissement, en cherche les causes et recommande les mesures d’urgence et la solution de stabilisation.
Un glissement est un événement éprouvant. Le service Info-Social 811 (option 2) offre un soutien psychosocial.
L’aide financière du gouvernement
Les dommages causés par un glissement de terrain peuvent être admissibles, à certaines conditions, au Programme général d’assistance financière lors de sinistres : par exemple pour une résidence principale et des pertes que l’assurance ne couvre pas. Communiquez d’abord avec votre assureur, puis identifiez-vous comme sinistré auprès de votre municipalité.
À Saint-Damien, par exemple, nous avons conçu la stabilisation d’un talus chez un particulier, avec le financement et le suivi du ministère de la Sécurité publique.
Pourquoi un talus glisse
Plusieurs facteurs, souvent combinés, peuvent provoquer un glissement :
- un sol trop faible ou mal compacté ;
- une surcharge en haut du talus : remblai, bâtiment, piscine, entreposage ;
- une excavation à la base du terrain ;
- l’érosion du pied du talus par un cours d’eau ;
- un événement naturel : pluie intense, fonte rapide, inondation ou séisme.
Dans les argiles, le glissement est souvent rotationnel : le sol glisse le long d’une surface de rupture courbe et laisse au sommet un escarpement en forme de cuillère.
Construire près d’un talus : les zones de contraintes
Les MRC intègrent à leur schéma d’aménagement les cartes des zones potentiellement exposées aux glissements de terrain, avec des normes qui encadrent la construction, l’agrandissement et les travaux dans ces zones. Ces normes peuvent interdire une intervention, sauf si une expertise réalisée par un ingénieur en géotechnique, membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec, démontre qu’elle est sécuritaire. Avant d’acheter ou de construire près d’une pente, vérifiez le zonage auprès de votre municipalité.
Comment on stabilise un talus
La solution se choisit après une étude de stabilité, en deux étapes : la caractérisation du sol par des forages, puis l’analyse de stabilité par des méthodes conservatrices ou des logiciels spécialisés. Elle dépend de la configuration du terrain, de l’accès et du budget. Les solutions courantes sont :
- le reprofilage : adoucir la pente ou araser le sommet pour réduire les charges ;
- la berme ou la butée au pied : ajouter un poids de sol ou de pierre à la base du talus pour le retenir ;
- l’enrochement : une carapace de gros blocs qui protège le pied contre l’érosion, notamment en bordure d’un cours d’eau ;
- le drainage : évacuer l’eau qui affaiblit le sol ;
- le renforcement : tirants d’ancrage ou mur de soutènement.
Les plans et devis encadrent ensuite les travaux, que l’ingénieur surveille jusqu’à l’attestation de conformité.
Nos réalisations
- Chaussée et talus à Sainte-Germaine-Boulé : berme de stabilisation et réfection d’un chemin fermé par un glissement.
- Talus de la rivière Noire, à Sainte-Cécile-de-Milton : étude hydraulique et stabilisation par enrochement après un glissement rotationnel.
- Talus à Saint-Damien : enrochement après l’effondrement d’un talus et de son mur artisanal à la suite de fortes pluies.
Combien coûte une étude de stabilité
La vérification de la stabilité d’un terrain ou d’un talus coûte entre 3 000 $ et 7 000 $, selon les conditions du terrain et les données disponibles. La conception de la solution, les plans et devis et la surveillance des travaux sont établis sur soumission. Voir notre guide sur le prix d’une étude géotechnique.
Un talus vous inquiète ? Joignez un ingénieur de Groupe LAFI ou consultez notre page sur l’étude géotechnique.
Sources
- Gouvernement du Québec, « Glissement de terrain » (quoi faire avant, pendant et après) : quebec.ca.
- Gouvernement du Québec, aide financière aux sinistrés (propriétaires et locataires) : quebec.ca.
- Gouvernement du Québec, orientations gouvernementales en aménagement du territoire relatives aux glissements de terrain, 2016 : cdn-contenu.quebec.ca.
- Ministère des Transports, bulletin technique sur les signes d’instabilité des talus, 2013 : transports.gouv.qc.ca.

